L’assurance-vie s’adapte aux jeunes actifs

En France, l’assurance-vie reste le placement le plus détenu par les ménages. Les jeunes actifs, eux, s’en détournent souvent au profit d’investissements jugés plus dynamiques, comme les actions ou les cryptoactifs. Une étude de l’OCDE publiée en novembre 2023 et relayée par le Cercle de l’Épargne confirme que les nouveaux investisseurs particuliers entrés sur les marchés entre 2020 et 2023 sont majoritairement âgés de moins de 35 ans.

Pour les assureurs, le défi consiste à adapter un produit historiquement perçu comme conservateur à un public qui attend réactivité, transparence et rendement.

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Unités de compte et collecte nette : ce qui change dans les contrats d’assurance-vie

Le marché de l’assurance-vie a connu un basculement ces dernières années. Les fonds en euros, longtemps pilier du placement, n’ont retrouvé qu’une collecte positive modérée après une année 2024 négative. En parallèle, les unités de compte concentrent l’essentiel de la collecte nette supplémentaire en 2025.

Ce transfert traduit un changement de posture chez les épargnants, y compris les plus jeunes. Les contrats d’assurance-vie ne se résument plus à un fonds en euros garanti : ils intègrent désormais des supports diversifiés (actions, immobilier, obligations, ETF) dont le capital n’est pas garanti.

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Pour un jeune actif qui dispose d’un horizon de placement long, cette évolution est structurante. Une allocation orientée vers les unités de compte permet d’espérer un rendement supérieur à celui du fonds en euros, à condition d’accepter la volatilité. Les performances moyennes des unités de compte ont dépassé celles des fonds en euros en 2025, mais ce constat brut masque des écarts considérables selon les supports choisis et les frais appliqués par chaque contrat.

Jeune actif en rendez-vous avec un conseiller financier pour souscrire une assurance-vie dans une agence moderne

Rendement affiché et frais réels : un écart que les jeunes actifs doivent mesurer

Le rendement net d’un contrat d’assurance-vie dépend de trois variables que les comparateurs grand public présentent rarement ensemble : la performance brute du support, les frais de gestion annuels et les frais sur versements. Le rendement affiché ne suffit plus pour choisir un contrat.

Sur un fonds en euros, les frais de gestion oscillent généralement autour de quelques dixièmes de point. Sur des unités de compte, ils peuvent atteindre des niveaux sensiblement plus élevés, surtout lorsque le contrat empile un mandat de gestion pilotée et des fonds eux-mêmes chargés en frais internes.

Ce que les frais composés retirent sur la durée

Un jeune actif qui ouvre un contrat à 25 ans et le conserve plusieurs décennies subit l’effet cumulé des frais année après année. Même un écart de quelques dixièmes de point de frais annuels finit par représenter une part significative du capital final. Avant de souscrire, la lecture du document d’information clé (DIC) et du relevé annuel de frais est plus utile que n’importe quel simulateur marketing.

  • Les frais sur versements, parfois négociables, réduisent le capital investi dès le premier euro. Certains contrats en ligne les suppriment entièrement.
  • Les frais de gestion annuels s’appliquent sur l’encours total, quelle que soit la performance du support. Sur un fonds en euros à rendement modéré, ils peuvent absorber une part notable du gain.
  • Les frais d’arbitrage, facturés lors d’un changement de support à l’intérieur du contrat, varient d’un assureur à l’autre. Quelques contrats les offrent sur un nombre limité d’opérations par an.

Fiscalité de l’assurance-vie : pourquoi le compteur fiscal démarre dès l’ouverture

La fiscalité de l’assurance-vie repose sur l’ancienneté du contrat. C’est la date de souscription, et non celle des versements, qui détermine le régime applicable lors d’un retrait. Ouvrir un contrat tôt, même avec un versement initial modeste, déclenche le décompte fiscal.

Après huit ans de détention, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel sur les intérêts imposables. Ce mécanisme rend le contrat d’autant plus avantageux qu’il a été souscrit longtemps avant le premier besoin de liquidité.

Un avantage souvent mal compris par les jeunes épargnants

Beaucoup de jeunes actifs considèrent qu’ils n’ont pas assez de capital pour justifier l’ouverture d’un contrat. La logique fiscale dit le contraire : même un versement initial de quelques dizaines d’euros suffit à faire courir le délai. La flexibilité des versements programmés, proposée par la quasi-totalité des assureurs, permet ensuite d’alimenter le contrat au rythme de ses revenus, sans engagement de montant fixe.

L’assurance-vie reste un placement liquide : contrairement à une idée répandue, l’épargne n’est pas bloquée. Un rachat partiel ou total est possible à tout moment, seul le traitement fiscal du retrait varie selon l’ancienneté du contrat.

Jeune couple consultant une application de gestion d'assurance-vie sur smartphone dans un parc urbain en automne

Gestion pilotée et profil de risque : ce que proposent les contrats pour jeunes actifs

La gestion pilotée, où un professionnel ajuste l’allocation entre fonds en euros et unités de compte selon un profil de risque prédéfini, s’est généralisée dans les contrats en ligne. Pour un jeune actif qui ne souhaite pas sélectionner lui-même chaque support, c’est une option cohérente, à condition de vérifier deux points.

  • Le profil proposé par défaut est souvent « équilibré ». Sur un horizon de placement de plusieurs décennies, un profil plus exposé aux marchés actions peut se justifier, à condition d’en accepter la volatilité à court terme.
  • Les frais de gestion pilotée s’ajoutent aux frais de gestion du contrat et à ceux des supports sous-jacents. Le cumul de ces trois couches de frais mérite un calcul avant souscription.
  • La composition réelle du portefeuille piloté (part d’ETF, de fonds actifs, de supports immobiliers) varie fortement d’un assureur à l’autre. Deux profils « dynamiques » ne contiennent pas les mêmes actifs.

Les données manquent encore pour comparer objectivement les performances nettes de frais des gestions pilotées sur longue période, la plupart de ces offres n’ayant que quelques années d’historique. Les performances passées des unités de compte ne garantissent pas le capital, ce que le cadre réglementaire impose de rappeler mais que les interfaces de souscription rendent parfois peu lisible.

L’assurance-vie pour les jeunes actifs ne se résume pas à un produit d’épargne parmi d’autres. C’est un cadre fiscal dont la valeur augmente avec le temps, adossé à des supports d’investissement dont le choix et le coût réel conditionnent le résultat final. Ouvrir un contrat tôt avec un versement modeste, comprendre ses frais avant de comparer les rendements, vérifier la composition réelle d’une gestion pilotée : ces trois réflexes valent davantage qu’un comparatif de taux.