La vaccination reste un allié majeur contre les infections hivernales

Chaque automne, la grippe et le Covid-19 reprennent leur circulation en France. La vaccination contre ces infections hivernales reste le moyen le plus direct de réduire les formes graves, les hospitalisations et les décès. Les données disponibles montrent que la couverture vaccinale recule dans la plupart des groupes à risque, avec des écarts importants selon le territoire et le niveau socio-éducatif.

Couverture vaccinale en France : pourquoi les chiffres reculent

Depuis la crise sanitaire liée au Covid-19, la dynamique de vaccination antigrippale s’est inversée. Les données du Système national des données de santé (SNDS), analysées par Santé publique France jusqu’en 2025, confirment une baisse dans l’ensemble des populations ciblées par les recommandations.

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Cette tendance ne touche pas tout le monde de la même façon. La couverture augmente avec le niveau de revenus et d’études, ce qui signifie que les publics les plus exposés aux complications sont aussi ceux qui se vaccinent le moins. Une communication uniforme ne suffit pas : il faut des actions d’accompagnement ciblées, en proximité.

Femme âgée se faisant vacciner par un pharmacien dans une pharmacie moderne pour prévenir les maladies hivernales

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Les résidents d’Ehpad font figure d’exception relative. Leur couverture antigrippale atteignait 82,7 % pour la saison 2024-2025. Ce taux reste toutefois inférieur au niveau de plus de 90 % observé en 2020-2021, au pic de la mobilisation sanitaire.

Le cas des professionnels en Ehpad

Vous travaillez ou avez un proche en établissement pour personnes âgées ? Le taux de vaccination des soignants y est particulièrement bas. Pour la saison 2024-2025, seulement 24,2 % des professionnels d’Ehpad étaient vaccinés contre la grippe. Les infirmiers affichaient 34,2 %, les aides-soignants 19,3 %.

Protéger les résidents passe aussi par la vaccination de ceux qui les soignent au quotidien. Une recommandation visant en priorité les personnels des Ehpad et des unités de soins de longue durée a été formulée en juillet 2026. Les modalités d’application restaient à définir par le gouvernement à cette date.

Grippe et Covid-19 : deux vaccinations en un seul rendez-vous

Les deux vaccins peuvent être administrés lors d’un même rendez-vous, chacun dans un bras différent. Cette possibilité simplifie la démarche, surtout pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Elle a été confirmée dans le cadre de la campagne de vaccination saisonnière.

Pourquoi cette double vaccination a-t-elle du sens ? Parce que grippe et Covid-19 circulent souvent en parallèle pendant l’hiver. Lors de la saison 2025-2026, l’épidémie de grippe a été plus courte que les précédentes, mais son impact hospitalier est resté significatif. Le Covid-19, de son côté, a connu une circulation plus limitée, sans disparaître pour autant.

Qui sont les publics prioritaires de la campagne de vaccination ?

  • Les personnes de 65 ans et plus, qui présentent un risque accru de complications respiratoires et d’hospitalisation en cas d’infection grippale ou de Covid-19.
  • Les femmes enceintes, chez qui la grippe peut entraîner des formes sévères et un risque de prématurité.
  • Les personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, insuffisance respiratoire, pathologies cardiaques), dont le système immunitaire réagit moins efficacement aux virus saisonniers.
  • Les professionnels de santé et du secteur médico-social, qui sont à la fois exposés et vecteurs potentiels de transmission vers des publics fragiles.

La campagne annuelle de vaccination est ouverte en pharmacie, chez le médecin traitant ou auprès d’un infirmier. Le vaccin antigrippal est pris en charge à 100 % pour les personnes ciblées par les recommandations.

Père et jeune enfant attendant leur vaccination saisonnière dans un couloir d'hôpital avec une infirmière en arrière-plan

Inégalités sociales et territoriales face à la vaccination hivernale

L’étude de Santé publique France met en lumière un point rarement abordé dans les campagnes grand public. Les freins à la vaccination ne se résument pas à la méfiance individuelle. Ils sont aussi liés à des facteurs structurels : accès aux soins, niveau d’information, densité de professionnels de santé dans le territoire.

Dans les zones où l’offre de soins est faible, se faire vacciner demande plus d’efforts qu’en grande métropole. Les inégalités sociales et territoriales creusent l’écart de couverture vaccinale bien au-delà des seules convictions personnelles.

Ce constat plaide pour des dispositifs mobiles (vaccination en entreprise, en centre social, en marché) et pour une meilleure formation des pharmaciens et infirmiers à la vaccination, y compris en zones rurales.

Prévention hivernale : la vaccination ne remplace pas les gestes barrières

Se vacciner réduit le risque de forme grave, mais ne garantit pas une protection totale contre l’infection. Les virus respiratoires mutent, et l’efficacité d’un vaccin varie d’une saison à l’autre.

Les gestes barrières gardent leur utilité, surtout en période de forte circulation virale :

  • Le lavage régulier des mains, qui reste le geste le plus simple et le plus efficace pour limiter la transmission par contact.
  • Le port du masque dans les lieux clos et fréquentés, en particulier en présence de personnes fragiles.
  • L’aération des espaces intérieurs, souvent négligée mais déterminante pour réduire la concentration de particules virales dans l’air.

Vaccination et gestes barrières fonctionnent ensemble, pas l’un sans l’autre. La première réduit la gravité, les seconds limitent la diffusion. En combinant les deux, on protège aussi les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner pour raisons médicales.

La prochaine campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19 débutera à l’automne. Se faire vacciner avant le pic épidémique laisse le temps au système immunitaire de produire des anticorps, généralement en deux à trois semaines. Attendre les premiers cas dans son entourage, c’est souvent agir trop tard.